Choix ERP : le SaaS comme garant de rester standard
Pourquoi le SaaS incite a rester standard ?
Un projet #ERP est souvent perçu comme un risque de dérapage budgétaire et temporel. Le principal coupable est la personnalisation excessive. Claire Garnaud, consultante chez Rational Consulting, vous explique comment le modèle SaaS incite à la standardisation.
Le modèle ON-PREMISE : d’une personnalisation confortable à une obsolescence coûteuse
SaaS vs. On-Premise ?
Quand une entreprise se lance dans un projet ERP, vient rapidement la question du modèle d’achat : en SaaS (Software as a Service) ou On-premise (hébergement interne) ? Se comparent les avantages et inconvénients de l’un et de l’autre, alors que pour les best-of-breed (CRM, WMS, MES, SIRH, GED…) cette question semble moins se poser.
Pourquoi ? Premièrement parce que l’offre est quasi-exclusivement en SaaS, et aussi parce que ces best-of-breed (solutions métiers spécialisées) couvrent en général les fonctions qui sont périphériques à son cœur de métier. Le standard suffit et l’entreprise n’a pas vocation à le modifier, contrairement à l’ERP qui est au centre de son métier.
On-Premise oui, pérennité long-terme non.
Le modèle On-Premise offre de larges possibilités de personnalisation via des développements spécifiques, mais ils coûtent rapidement cher et rendent les montées de version et MAJ extrêmement complexes, longues et coûteuses. Cela peut accélérer l’obsolescence de l’ERP, puisque les entreprises finissent par refuser la mise à jour, restant sur une version obsolète et plus maintenue.
En s’éloignant du standard, l’entreprise perd les innovations de l’éditeur et transforme l’ERP en un système rigide et coûteux, ce qui n’était pas l’objectif initial. Quelques années plus tard, il faudra aux entreprises effectuer une migration qui, de nos jours, coûte presque autant que le déploiement d’un nouvel ERP.
UN ERP SAAS EN STANDARD POUR Bénéficier des montées de version
Le modèle SaaS en revanche, et selon ses contraintes techniques, force de plus en plus la standardisation. Choisir un ERP « standard » signifie utiliser les processus et fonctionnalités natives de l’éditeur, basées sur les meilleures pratiques de l’industrie.
Dans le cas d’un multi-tenant, où toutes les instances de tous les clients partagent la même version de l’application, il est techniquement impossible de personnaliser le code source. La personnalisation est permise via du paramétrage et des extensions (via des APIs par exemple), mais elle ne modifie pas le cœur du logiciel.
Les ERP en SaaS livrent des montées de version régulières (souvent biannuelles) et parfois automatiques, où le client n’a pas le choix de les refuser. Cela force la discipline, aussi l’entreprise bénéficie en permanence des dernières innovations, des correctifs de sécurité et des évolutions légales. L’éditeur enrichit son standard en permanence avec notamment les demandes de personnalisation les plus courantes pour satisfaire tous leurs clients.
ASSOUPLIR LE SAAS AVEC UNE COUCHE DE DéVELOPPEMENT SPéCIFIQUES ET DE LA MAINTENANCE
Pour les ERP SaaS qui ne seraient pas un multi-tenant, les développements spécifiques sont possibles, mais idem, très onéreux. Ces spécifiques peuvent bloquer une montée de version ou alors nécessiter leur migration vers la nouvelle version, ce qui coûtera quelques journées de projet côté intégrateur.
Toutefois, un éditeur ou un intégrateur pourra maintenir les spécifiques, et les faire passer dans la montée de version, et pour cela, il faut provisionner environ 15% du montant annuel des licences, d’après la tendance du marché.
L’ERP SAAS comme accélérateur de l’amélioration des processus requérant des facilitateurs de changement
En s’imposant sur le marché, le SaaS change les rôles des tiers au sein de l’équipe ERP. Avant, il s’agissait de passer beaucoup de temps à coder, tandis que les consultants donnent désormais priorité au paramétrage (configuration). Le consultant va accompagner le client à adapter ses processus internes pour coller au standard de l’ERP, car cet exercice demande prise de recul et connaissance des bonnes pratiques.
Pour l’entreprise, cette remise en question peut présenter l’avantage d’adopter des méthodes de travail souvent plus efficaces puisqu’éprouvées par les milliers d’autres utilisateurs de l’ERP SaaS.
Il s’agit donc de choisir un ERP dont le standard répond le mieux possible au métier de l’entreprise et à ses spécificités. Le delta doit être couvert en premier lieu par les adaptations de processus précédemment évoquées, puis par des extensions, voire outils externes interfacés, maintenant ainsi l’ERP central en standard.
Il est préconisé de tendre vers le concept « Clean Core » théorisé par SAP, aussi appelé « Core Standard, Edge Innovant » où l’ERP gère le cœur (gestion commerciale, logistique, finance…) et où les outils agiles couvrent les besoins très spécifiques de l’activité.
Des coûts globaux et à long terme pour un meilleur comparatif
Choisir un ERP en SaaS serait une garantie de rester en standard et de ne pas détourner le logiciel avec de multiples développements spécifiques. Parce que l’obsolescence ERP est souvent due aux coûts, il faut bien inclure les coûts de maintenance et de montées de version lorsque l’on compare les modèles SaaS et On-Premise.
En incluant uniquement les coûts de mise en œuvre et de licences, alors le SaaS devient plus cher que le On-Premise au bout d’environ 3 ans. En effet, les coûts se déportent sur le récurrent et les coûts d’investissement sont trompeusement bas. Mais quand on regarde les coûts cumulés à long terme, sur 10 ans par exemple, en incluant les coûts de maintenance, de montées de version versus les coûts d’obsolescence, alors on a tous les éléments financiers pour prendre la bonne décision.
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